TESTIMONIES ON HOR NAM HONG'S ROLE
AS PRESIDENT OF BOENG TRABEK RE-EDUCATION CAMP
UNDER THE KHMER ROUGE REGIME

1- Excerpts from Ong Thong Hoeung's book (in French)

2- "A camp called Boeng Trabek" , report (in English) published in the Phnom Penh Post, January 19 - February 1, 2001

3- Excerpts from the Phnom Penh Post, January 2001 (in English and French: "Un camp nommé Boeng Trabek")

4- "Clouded History", report (in English) on the role of Keat Chhon and Hor Nam Hong under the Khmer Rouge regime

5- A Khmer Rouge document from S21 Center (in Khmer with translation in English)

6- Excerpts from the Bulletin of the Non-Communist Resistance, January 1990 (in Khmer and French)

7- Testimony of Mr. Ieng Kounsaky and his wife Mrs. Keo Bun Thuok (in French)

8- Testimony of Mrs. (Princess) Sisowath Ayravady (in French)

9- Le calvaire de la Princesse Nanette / Princess Nanette's ordeal (in French with translation in English and Khmer).
 

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TEMOIGNAGE D'UN PRISONNIER DE BOENG TRABEK

A PROPOS DE HOR NAM HONG

 

 

Extraits du livre écrit en français par Ong Thong Hoeung, intitulé "J'ai cru aux Khmers rouges", publié en 2003 aux éditions Buchet/Chastel.

 

Ong Thong Hoeung , qui vit maintenant en Belgique, a été prisonnier des Khmer rouges de 1976 à 1979. Il a été incarcéré notamment dans le fameux camp de rééducation (la "prison sans murs") de Boeng Trabek où se trouvait aussi Hor Nam Hong, l'actuel ministre des affaires étrangères du régime de Phnom Penh.

 

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Là, Hor Nam Hong, le président du [camp] B32, nous reçoit et nous demande de le suivre [Ong Thong Hoeung venait d'être admis au camp B32 avec son épouse et leur petite fille]. [Page 219].

 

Mes interlocuteurs [codétenus au camp B32 où Ong Thong Hoeung venait d'arriver] précisent que Hor Nam Hong et Van Piny [l'ancien président du camp B32, juste avant Hor Nam Hong] ont été les instruments dociles de Savân [le chef Khmer rouge qui supervisait, sous la direction de Ieng Sary, le complexe pénitencier de Boeng Trabek formé par les camps B30, B31 et B32], et qu'ils ont maltraité ceux dont ils avaient la responsabilité. Cela, personne ne semble prêt à l'oublier. [Page 221].

 

A la fin d'octobre [1978], une réunion se tient en présence de Ieng Sary, pour doter le camp B32 d'une nouvelle équipe de direction. (…). Hor Nam Hong a été maintenu dans sa fonction de président, à la tête d'un comité de cinq membres. [Page 221].

 

Les bonnes relations entre Ieng Sary et Hor Nam Hong m'intriguent. [Page 221].

 

Presque tous les autres membres du courant modéré [formé d'intellectuels et de diplomates de l'ancien régime] ont disparu [tués par les Khmer rouges]. Il ne reste plus que Chan Youran et Hor Nam Hong, devenus des fidèles serviteurs de l'Angkar [l'Organisation des Khmers rouges]. [Page 222].

 

On en parle [il s'agit d'un "Livre noir", à usage externe,  sur les "agissements criminels des Vietnamiens" que venait de publier en français le régime de Pol Pot], d'autant que Hor Nam Hong et Pech Bun Tong ont passé presque une journée à traduire ce livre en khmer. [Page 223].

  

3 janvier 1979. On nous ordonne de nous réunir d'urgence pour écouter So Hong, le bras droit de Ieng Sary. [Page 223].

 

5 janvier 1979. Soudain, Hor Nam Hong arrive en courant. Il revient d'une réunion urgente avec So Hong. [Page 225].

 

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COMMENT DEVIENT-ON PRESIDENT DE CAMP ?

 

Ong Thong Hoeung qui a été emprisonné successivement dans les camps B30 et B32, décrit les intrigues entre ceux qui, parmi les détenus, aspiraient à devenir président de camp. Voici ce qu'il dit à propos du camp B30.

 

La vie à Boeng Trabek a été un enfer, sous la férule de Savân et de ses hommes de main To Ti Pheak, Try Meng Huot et Ek [trois codétenus qui se battaient entre eux pour gagner les bonnes grâces du chef Khmer rouge Savân]. [Page 207].

 

"Regarde Try Meng Huot, me dit un ami proche [un codétenu]. (…). Il nous a fait beaucoup de mal. Il était un instrument docile, manipulé par Savân. Pour se faire bien voir, il lui fallait trouver des boucs émissaires et il a notamment jeté en pâture à ses maîtres les autres membres du comité [de prisonniers], notamment Tun Chot Sirinn [qui a été envoyé à la mort], qui se montrait compréhensif envers les habitants du camp. Try Meng Huot pensait que pour prendre la place de Sirinn, il fallait le renverser. Tant pis pour l'amitié. Pour Try Meng Huot, la seule chose qui comptait, c'était d'arriver à ses fins." [Page 207].

 

Au camp B32, Hor Nam Hong s'est-il comporté comme Try Meng Huot au camp B30? Van Piny, a-t-il été une victime comme Tun Chot Sirinn?

 

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EXCERPTS FROM "A CAMP CALLED BOENG TRABEK"
PHNOM PENH POST, JANUARY 19 - FEBRUARY 1, 2001
 

Excerpts from an interview given by Mrs. Keo Bunthouk who was detained with her husband, former diplomat Ieng Kounsaky, at the Boeng Trabek camp (Section B32 presided over by Hor Nam Hong) from 1977 to 1979.

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Q: What do you remember about Hor Nam Hong's role at Boeng Trabek?
A: He was with us...Hor Nam Hong was the Director...he made his wife director of women [prisoners] and his son chief of youth [prisoners]. Hor Nam Hong criticized people [at the daily criticism/self-criticism sessions], but we could also criticize him. I once criticized him for making his wife chief of women and his son chief of youth. The whole family went to Angka Leu (met with KR party leaders) and the rest of the camp didn't know [anything]. I realized we didn't know whom he talked to, who Angka Leu (the KR leaders who Hor Nam Hong met) was. I have never found out who Angka Leu (1) was...I imagine it might have been Son Sen or Ieng Sary [but] I don't know.

Q: Who should be held responsible for the murders of Boeng Trabek inmates?
A: Now you repeat this question and maybe Hor Nam Hong will want to assassinate me (2), what will happen to me? I've heard that Hor Nam Hong wants to sue...the newspaper that said he was Khmer Rouge. For me, I don't know whether Hor Nam Hong was Khmer Rouge or not. I don't know if he chose people [sent to] Toul Sleng (3), but I noticed that when there was even minor criticism of someone [by Hor Nam Hong], two days after this person [was taken away] and we didn't know where he went. Hor Nam Hong says that it was not him [who ordered inmates taken to Toul Sleng], but how could it be? Who could have taken all those people to be killed? He was director of the camp...why did [the Khmer Rouge] take [Boeng Trabek inmates] away to be killed?

Q: What was your involvement in the 1991 civil suit initiated by Hor Nam Hong against King Sihanouk?
A: I was a witness for King Sihanouk when he said in the [Paris] newspaper that Hor Nam Hong was an assassin. Hor Nam Hong brought two communist lawyers [to the court] ... the King didn't have a lawyer so the court appointed a lawyer for the King who knew nothing of the King or Boeng Trabek ... he just listened. The other witnesses [Princess Sisowath Ayravady and Sao Kim Hong] didn't dare show up. The King lost the case because we were called in last [to give testimony]. Hor Nam Hong brought in false witnesses...those who were not in the camp or people who came ...when things were okay and everybody ate well [in the last four months before the collapse of the Khmer Rouge regime]. [Those] other witnesses, if they accused me of not having proved [the King's case], they should bring in the children of the victims [to testify]

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(1) Angka Leu or Angkar: The Khmer Rouge Organization.  
(2) Mrs. Keo Bunthouk died under suspicious circumstances in 2001, shortly after she gave the above interview to the Phnom Penh Post.
(3) Toul Sleng is the notorious Khmer Rouge torture and execution center also known as S21.

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Extraits d'un reportage paru dans THE PHNOM PENH POST, bimestriel anglophone, numéro daté 19 janvier - 1 er février 2001.

Traduction libre

UN CAMP NOMMÉ BOENG TRABEK

[Au cours d'un débat au Sénat le 15 janvier 2001 sur la création d'un tribunal pour juger les anciens chefs Khmers rouges, il y a eu un moment émouvant et tendu quand] la sénatrice septuagénaire Keo Bunthouk du [parti royaliste] Funcinpec, une survivante du "camp de rééducation" Khmer rouge de Boeng Trabek, réaffirma l'implication du Ministre des Affaires étrangères Hor Namhong dans l'administration du camp.
Phelim Kyne et Vong Sokheng ont discuté avec la sénatrice Keo Bunthouk de la vie et de la mort à Boeng Trabek.
Au début de 1976, Keo Bunthouk a suivi son mari, le délégué cambodgien auprès de l'UNESCO, Ieng Kounsaky qui vivait jusqu'alors à Paris, quand celui-ci décida de répondre à l'invitation de dirigeants du Kampuchea Démocratique des Khmers rouges à retourner au Cambodge pour aider à la reconstruction du pays.
Mais en réalité, Bunthouk, son mari et d'autres membres du GRUNK, le Front royaliste anti-Lon Nol basé en France, se retrouvèrent finalement détenus au "camp de rééducation" de Boeng Trabek situé à Phnom Penh.
Etabli au début de 1976 pour "rééduquer" les officiels gouvernementaux des régimes de Lon Nol et de Sihanouk, Boeng Trabek était divisé en une section pour jeunes d'environ 150 personnes et une section où environ 50 anciens diplomates et officiels gouvernementaux nouvellement de retour étaient détenus. Au moins 20 prisonniers de Boeng Trabek moururent d'épuisement lié aux travaux forcés ou après leur transfert au centre de torture de Tuol Sleng qui se trouvait à proximité du camp.
En 1991, Bunthouk était la seule personne sur trois témoins ayant fait une déposition devant un tribunal à Paris au nom du (à l'époque) Prince Norodom Sihanouk dans un procès civil initié par le Ministre des Affaires étrangères Hor Namhong. Le procès a été initié en réponse aux propos de (l'actuel) Roi dans une interview selon lesquels Hor Namhong avait "commandé un camp de concentration Khmer rouge … [et était] responsable de la mort et de la torture de plusieurs anciens membres de la résistance anti-américaine, notamment le Prince Sisowath Metheavi". Hor Namhong a gagné son procès.

Question : De quoi vous souvenez-vous à propos de votre retour au Cambodge en 1976?
Réponse : C'était très triste… Nous arrivions à l'aéroport et les gens qui nous connaissaient n'osaient pas nous dire bonjour. Ils étaient habillés tout en noir et ne disaient pas un mot. [Les Khmers rouges] nous faisaient travailler. Nous sommes restés deux semaines à Phnom Penh et puis ils nous ont envoyés à Battambang. Nous avons travaillé là-bas pendant cinq ou six mois dans les champs, puis ils nous ont ramenés, mon mari et moi, à Phnom Penh. Nous travaillions très dur… Certains diplomates étaient avec nous, y compris Hor Namhong.

Question : A quoi la vie ressemblait-elle à Boeng Trabek?
Réponse : Nous travaillions dur et ne mangions pas à notre faim. Nous étions là-bas avec la Princesse [Nanette Metheavi], sœur de la Reine Monineath, et d'autres. Il y avait des sessions quotidiennes de critique et d'autocritique.

Question : Etiez-vous au courant de la mort et de la disparition de personnes à Boeng Trabek?
Réponse : Nous ne savions pas que les personnes emmenées allaient être tuées. Je pensais qu'elles étaient peut-être emmenées à un autre camp. C'était seulement en 1981 [que j'ai appris que] les personnes emmenées du camp étaient envoyées à Tuol Sleng et n'avaient plus qu'environ un mois à vivre. Je ne savais pas qu'elles allaient à la mort. Je pensais qu'elles étaient peut-être envoyées dans un camp plus difficile parce que j'avais remarqué que [les personnes emmenées] avaient commis des fautes légères. Je ne comprenais pas [leur mort]. S'il s'agissait de personnes qui avaient commis des fautes graves, j'aurais pu comprendre, mais ce n'était pas le cas, c'était des gens qui n'avaient fait que de petites choses… c'est cela qui me préoccupe, c'est pourquoi je pense que dans tout ce pays [sous le régime Khmer rouge] des gens étaient tués pour rien. Je pense beaucoup à cela parce que j'ai pitié des gens qui étaient tués [qui] vivaient et travaillaient avec moi. Je sais qu'ils n'avaient commis aucune faute, alors pourquoi les ont-ils tous pris pour les tuer… pourquoi les enfants étaient également tués?

Question : De quoi vous souvenez-vous à propos du rôle de Hor Namhong à Boeng Trabek?
Réponse : Il était avec nous. Hor Namhong était le Directeur… il a fait de sa femme la directrice des femmes [prisonnières] et de son fils le chef des jeunes [prisonniers]. Hor Namhong critiquait les gens [aux séances quotidiennes de critique et d'autocritique], mais nous pouvions aussi le critiquer. Une fois je l'ai critiqué pour avoir fait de son épouse le chef des femmes et de son fils le chef des jeunes. Toute la famille allait à Angka Leu (rencontrait les chefs Khmers rouges) et le reste du camp ne savait rien. Je m'étais rendu compte que nous ne savions pas avec qui il parlait, qui Angka Leu (les chefs Khmers rouges que Hor Namhong rencontrait) était. Je n'ai jamais su qui Angka Leu était… J'imagine qu'il pouvait s'agir de Son Sen ou Ieng Sary [mais] je ne sais pas.

Question : Qui devrait être tenu responsable du meurtre des détenus de Boeng Trabek?
Réponse : Maintenant vous répétez cette question et peut-être Hor Namhong voudra m'assassiner, que m'arrivera-t-il? J'ai entendu que Hor Namhong veut poursuivre en justice… le journal qui a dit qu'il était Khmer rouge. Pour moi, je ne sais pas si Hor Namhong était Khmer rouge ou pas. Je ne sais pas s'il choisissait les gens [envoyés à] Toul Sleng, mais j'ai remarqué que quand il y avait une critique même toute petite de quelqu'un [émise par Hor Namhong], deux jours plus tard cette personne [était emmenée] et nous ne savions pas où elle allait. Hor Namhong dit que ce n'était pas lui [qui ordonnait quels prisonniers devaient être envoyés à Toul Sleng], mais je ne peux pas y croire. Qui aurait pu emmener toutes ces personnes pour être tuées. Il était le directeur du camp… pourquoi [les Khmers rouges] emmenaient-ils [les détenus de Boeng Trabek] pour qu'ils soient tués?

Question : Quel était votre rôle dans l'action en civil que Hor Namhong a initiée en 1991 contre le Roi Sihanouk?
Réponse : J'étais un témoin pour le Roi Sihanouk quand il a dit dans un journal [parisien] que Hor Namhong était un assassin. Hor Namhong a amené deux avocats communistes [au tribunal]… le Roi n'avait pas d'avocat, c'est pourquoi le tribunal a nommé un avocat pour le Roi qui ne savait rien du Roi ni de Boeng Trabek… il ne faisait qu'écouter. Les autres témoins [la Princesse Sisowath Ayravady et Sao Kim Hong] n'ont pas osé se présenter. Le Roi a perdu le procès parce que nous avions été convoqués les derniers [pour témoigner]. Hor Namhong a amené de faux témoins… des personnes qui n'étaient pas dans le camp ou qui y sont venues… quand les choses étaient correctes et que tout le monde mangeait bien [durant les quatre derniers mois avant la chute du régime Khmer rouge].  [Ces] autres témoins, s'ils m'accusent de ne pas avoir étayé [le cas du Roi], ils devraient amener les enfants des victimes [pour témoigner].

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TEMOIGNAGES D'ANCIENS DETENUS AU CAMP DE BOENG TRABEK
DIRIGÉ PAR HOR NAM HONG DE NOVEMBRE 1977 A JANVIER 1979

 

Ces témoignages de personnes encore vivantes à ce jour (sauf une),
ont été publiés dans le numéro de janvier 1990 du Bulletin NCR (Non-Communist Resistance)
édité par la Résistance non-communiste anti-vietnamienne
 (Funcinpec du prince Norodom Sihanouk et FNLPK de Mr Son Sann)

 

Témoignage de Mr et Mme Ieng Kounsaky

Nous soussignés Ieng Kounsaky et Keo Bunthouk, ayant connu M. Hor Nam Hong depuis 1969 et ayant vécu pendant deux années sous son autorité de directeur du camp de rééducation et de travaux forcés en 1977 et 1978 à Boeng Trabek près de Phnom Penh,

Avons le devoir de révéler les vérités ci-dessous.

En qualité de directeur très zélé de ce camp, M. Hor Nam Hong avait comme aides son épouse "Présidente" du groupe des femmes, et son fils "chef" du groupe des jeunes.

Témoignage de Mr Sao Kim Hong

Il serait utile de rappeler que la famille Hor Nam Hong formait [dans le camp de Boeng Trabek] une famille de présidents:

- M. Hor Nam Hong, vice-président [que je connaissais depuis l'ancien campement] à Chraing Chamrès, devint Président après le départ de M. Van Piny en 1977.

- Mme Hor Nam Hong, née Bory, vice présidente [des femmes], devint Présidente après le départ de Mme Van Piny en 1977.

- Leur fils aîné Thoun [Hor Sothoun] assumait toujours la fonction de président des jeunes.

Témoignage attribué à Mme Sisowath Ayravady

(…). On y compte une soixantaine de personnes [dans la section B32 du camp de Boeng Trabek]. C'est dans ce centre que moi et ma famille avons vécu jusqu'en avril 1978.

De janvier à novembre [1977], le B32 a été dirigé par M. Van Piny, Président du centre, secondé par M. Hor Nam Hong, vice-président.

Quand M. Van Piny et son épouse nommée Chan, présidente des femmes, ont été emmenés, [Mr et Mme Hor Nam Hong les ont remplacés respectivement comme Président du B32 et présidente des femmes].

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            En plus, les propos suivants, imprimés en khmer mais traduits du français, sont attribués à la même personne:
            "Je, soussignée SISOWATH Ayravady, affirme avoir vécu avec Mr. HOR NAM HONG et sa famille à
            Chraing Chamrès puis à Boeng Trabek du début de l'année 1977 à la fin de 1978 (...).
            Mr. HOR NAM HONG,  vice-président [à Chraing Chamrès], devint Président [du centre pénitencier
            de Boeng Trabek] après  le départ de Mr. VAN PINY en 1977".

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Document posted on KI Media on 19 June 2008
www.ki-media.blogspot.com


Témoignage d'un ancien détenu au camp de Boeng Trabek

LE CALVAIRE DE LA PRINCESSE NANETTE

La Princesse Sisowath Nanette, sœur aînée de la Reine-Mère Norodom Monineath Sihanouk, est arrivée au camp de Boeng Trabek en octobre 1977, venant directement de France pour rejoindre son mari, le Prince Sisowath Metheavy. Celui-ci, ancien diplomate fidèle au Prince (actuellement Roi-Père) Norodom Sihanouk, était rentré au Cambodge depuis 1976, un an après la prise du pouvoir par les Khmers Rouges.

Après un séjour à Chraing Chamrès, le Prince Metheavy a été envoyé au camp de rééducation de Boeng Trabek en février 1977, avec un groupe d'anciens diplomates et hauts fonctionnaires comme lui, notamment Chau Seng, Chea San, Norodom Phourissara, Ang Kim Khoan, Ieng Kounsaky, Van Piny et Hor Nam Hong.

Nanette a vécu à Boeng Trabek pendant seulement six mois, avant d'être emmenée avec son mari pour être exécutés tous les deux en avril 1978. A l'arrivée de Nanette en octobre 1977, le président du camp nommé par les Khmers Rouges était Van Piny, secondé par Hor Nam Hong qui avait le titre de vice-président.

Le couple Metheavy-Nanette n'était pas particulièrement maltraité sous Van Piny. Mais la situation changea rapidement quand Van Piny fut remplacé par Hor Nam Hong en novembre 1977. Hor Nam Hong (qui était connu aussi sous le nom de Camarade ou Mit Yaem) et sa femme Bory (Mit Ry) prenaient un malin plaisir à faire souffrir moralement et psychologiquement Nanette.

Vers la fin de 1977, après le passage d'une délégation chinoise, Hor Nam Hong reprocha à Nanette de "chercher à se faire remarquer" par les Chinois, parce qu'elle "se savait connue", alors que tout le monde devait s'éclipser devant des visiteurs étrangers.

Scène bouleversante: Hor Nam Hong est resté impassible quand Nanette s'est mise à genoux devant lui, le suppliant d'intervenir en sa faveur pour qu'elle puisse repartir en France pour reprendre son traitement médical contre l'épilepsie. Elle lui disait qu'elle était citoyenne française et qu'elle avait été baptisée (selon la confession catholique). Hor Nam Hong est resté de marbre.

La femme de Hor Nam Hong, Mit Ry, s'acharnait particulièrement sur Nanette. Un jour, Mit Ry réprimanda sévèrement Nanette parce que celle-ci avait prononcé, par habitude et par mégarde, quelques mots en français. Un autre jour, parce qu'elle mettait un brin d'élégance dans sa coiffure, Nanette s'attira cette remontrance de Mit Ry: "Cessez de vous prendre pour une Parisienne. Vous ne faites qu'aller à l'encontre de la révolution."

Au nouvel an khmer, vers la mi-avril 1978, Nanette avait cueilli des fleurs pour les offrir à Hor Nam Hong en espérant obtenir de lui un peu d'amitié ou de pitié. Hor Nam Hong a repoussé ce geste de soumission et a reproché à Nanette ses "habitudes bourgeoises". Il tourna aussitôt le dos à Nanette qui pleurait à chaudes larmes.

Quelques jours après ce nouvel an khmer, le couple Metheavy-Nanette fut emmené par les Khmers Rouges du camp de Boeng Trabek pour être exécutés peu de temps après.

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Testimony from a former prisoner at Boeng Trabek camp

PRINCESS NANETTE’S ORDEAL

Princess Sisowath Nanette, the older sister of Queen-Mother Norodom Monineath Sihanouk, arrived at the Boeng Trabek camp in October 1977, directly from France, to join her husband, Prince Sisowath Metheavy. The latter, a former diplomat who remained faithful to Prince (currently King-Father) Norodom Sihanouk, returned to Cambodia since 1976, one year after the Khmer Rouge takeover.

Following a short stay in Chraing Chamres, Prince Metheavy was sent to the Boeng Trabek re-education camp in February 1977, along with a group of former diplomats and high-ranking officials like himself, such as Chau Seng, Chea San, Norodom Phurissara, Ang Kim Khoan, Ieng Kounsaky, Van Piny and Hor Nam Hong.

Nanette lived in Boeng Trabek for six months only before she and her husband were taken away to be executed in April 1978. At her arrival in October 1977, Van Piny was the Khmer Rouge-appointed camp president, and his right hand man was Hor Nam Hong who held the title of vice-president.

The Metheavy-Nanette couple was not particularly mistreated under Van Piny. However, the situation changed quickly when Van Piny was replaced by Hor Nam Hong in November 1977. Hor
Nam Hong (who was also known as Mit (Comrade) Yaem) and Bory (Mit Ry), his wife, took a perverse pleasure to make Nanette suffer morally and psychologically.

Toward the end of 1977, following a visit by a Chinese delegation, Hor Nam Hong blamed Nanette for “trying to steal the limelight,” because she “knew that people know her,” whereas everybody should tried to hide their identity in the presence of foreign visitors.

Striking event: Hor Nam Hong remained impassive when Nanette kneeled in front of him, begging him to intervene in her favor so that she could return back to France to be treated for her seizure. She told him that she was a French citizen and a baptized Catholic. Hor Nam Hong remained stoic.

Mit Ry, Hor Nam Hong’s wife, persecuted Nanette in particular. One day, Mit Ry severely reprimanded Nanette because she spoke a few words in French, either by habit or by inattention. On another occasion, because she tried to make up somewhat her hair, Nanette earned the following reprimand from Mit Ry: “Stop being a Parisian. You are disconnecting yourself from the revolution.”

At the Khmer New Year, around mid-April 1978, Nanette picked some flowers to offer to Hor Nam Hong, hoping to obtain from him some friendship or pity. Hor Nam Hong rejected this submission gesture, and he scolded Nanette for her “bourgeois habits. He promptly turned his back to a crying Nanette.

Several days after the Khmer New year, the Metheavy-Nanette couple was taken away by the Khmer Rouge to be later executed.

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